Juin 2016, une galerie d’art dans le centre de Paris, en présence d’une plasticienne de talent, son amie, une rencontre… Mélodie Millot, une jeune comédienne.

Elle me fut présentée lors de sa visite à l’exposition dans laquelle figurait mon conte, « Une étrange Odyssée ».

Notre premier sujet s’imposa alors par lui-même : le voyage. En effet, j’ai pris pour habitude, une fois par an, de partir pérégriner dans une destination inconnue, seule, dans le but de me dépasser.

Mélodie me raconta son pèlerinage solitaire jusqu’au bout de l’Europe qu’elle effectua dans une optique qu’elle compare à l’Alchimie: Non pas à la transformation des métaux en or, mais à la chrysalide de l’esprit.

Il est rare que deux personnes étrangères forment un lien profond rapidement. Pourtant…

Deux baroudeuses, artistes, insatiables de découvertes, à la recherche de la vérité et d’une certaine forme de spiritualité… Tout le monde ne croit pas au destin, aux coincidences mais il est vrai que lorsqu’on laisse faire les choses, elles ont le don de s’arranger d’elles-mêmes. Et souvent de la meilleure des façons…

Nos échanges éphémères resteront un moment précieux.

Authentique et instinctive, Mélodie se laisse guider par cette idée de métamorphose autant dans le cadre de son développement personnel et spirituel que dans sa vie professionnelle. « Etre digne de ses vœux pour être heureux » est une de ses trouvailles.Après moult conversations, j’ai la sensation de la connaître.

Je me retrouve donc devant mon clavier enthousiasmée de vous la présenter.

Végétarienne et sportive, originaire de Haute-Savoie, Mélodie a grandi dans un village proche de la nature et très à l’écart de la culture. Lors d’une sortie scolaire, sa passion pour le cinéma est décelée par son professeur de français. Plus tard la providence et son instinct la décident d’aller vivre à Paris.

Comme tant d’autres, elle poursuivra des études qui ne lui convenaient pas. Une fois son BTS en management des unités commerciales en poche, elle tente sa chance, loin du regard de ses proches.

Elle prend le pouls de la discipline en écumant les écoles d’Art dramatique à Paris.

C’est à l’occasion d’un voyage à New York, où elle suit un stage auprès de Susan Batson*, qu’elle a le déclic ! Le jeu et la scène l’aimantent et surtout, ce n’est pas le « chi** » qui lui manque. Reste à savoir comment le diriger…

L’idée de devenir actrice, longtemps tabou dans son esprit, continue de faire son chemin. Influencée par la lecture de l’ouvrage « Le travail à l’Actors Studio*** » elle persévère dans ses recherches artistiques sur le processus créateur, s’intéresse à la sophrologie, pratique le yoga Bikram, se passionne pour les livres de sagesse et plus particulièrement « Se libérer du connu » de Krishnamurti.

Elle apparaît dans le clip du groupe Elephanz dont le titre est ironiquement « Time for a Change », avant d’être signée dans la première agence dans laquelle elle postule (Agents et Artistes).

« Le temps du changement », c’est le cas de le dire.

Quelques mois plus tard, elle est repérée par Tachkent production pour un moyen-métrage humain et dérangeant : « Les Sauvages ». Elle interprète le premier rôle qui est un personnage énigmatique et muet. Le scénario expose avec intelligence une façade de l’esclavage moderne et de l’ambition dévorante. Elle s’épanouit dans ce rôle féminin qui nécessite un jeu de physionomie approfondi sur le regard et la gestuelle. Finalement, elle expérimente et explore ce qu’elle attend. Elle recherche avant tout dans le cinéma, pas seulement un septième art pour faire du beau, mais pour faire du bon, un art « alchimique ».

Mélodie veut partager ce qui lui tient à cœur. D’ailleurs peu de temps avant notre rencontre, elle avait renoncé à un rôle qui trahissait finalement ses valeurs. Aussi elle m’exposa sa vision du cinéma d’un nouveau genre, qui figurerait à côté du genre Dramatique, Comique : un genre Spirituel. Un réveil des sens subtils, de la conscience et au delà encore ! Un cinéma qui fonctionnerait sur une « co-opération » entre tous ses intervenants à la fois dans sa confection et avec le public.

Communier, concilier, éveiller, toucher, communiquer, élever. Aucun verbe ne semble suffisant pour traduire sa vision. Mais persévérante, oui ça elle l’est !

Sophia

Contacter l’auteur : Sophia Hkc

* Coach d’acteur

** Chi : Prononcer « tchi » en expirant

*** Cours de Lee Strasberg recueillis et présentés par Robert H. Hethmon